Connaître le métier de gardien de cimetière avec Yves Alphé

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Dans le monde du funéraire, il existe de nombreux emplois comme conseiller funéraire, thanatopracteur, porteur, chauffeur…Aujourd’hui, Yves Alphé vous propose de découvrir une profession souvent méconnue mais pourtant indispensable : celle de gardien de cimetière.

Les missions du gardien de cimetière

Le gardien est tenu au bon entretien du cimetière, indique Yves Alphé

Le gardien est tenu au bon entretien du cimetière, indique Yves Alphé

Comme son nom l’indique, le gardien de cimetière veille au bon entretien des tombes (pour éviter les profanations par exemple), il surveille les différentes opérations qui s’y effectuent (inhumation, exhumation) et est également en charge d’accueillir les visiteurs venant rendre hommage à leur proche décédé, explique Yves Alphé. Le gardien de cimetière est également celui qui attribue les concessions et fait l’état des lieux logistiques comme la profondeur des fosses soumise à une règlementation rigoureuse.

Il porte également une casquette de conseiller : la législation funéraire étant complexe, le gardien de cimetière doit la connaître sur le bout des doigts pour répondre aux éventuelles questions des familles, comme l’ouverture d’une sépulture ou une exhumation. En effet, si le cadre de la loi n’est pas respecté pour ces deux opérations, les répercussions sont lourdes, indique Yves Alphé : jusqu’à 4 ans de prison et 30 000€ d’amende.

Afin d’assurer la sécurité des lieux, il est tenu d’effectuer l’ouverture et la fermeture du cimetière, ce qui peut lui demander des jours d’astreintes en weekends et jours fériés. Il entretient également le bon état du cimetière, par exemple en répandant du sable par terre les jours de verglas, en le nettoyant…

Le contact avec autrui, expliqué par Yves Alphé

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le métier de gardien de cimetière n’est pas forcément un métier solitaire.

En effet, il exerce un rôle d’accueillant auprès des familles endeuillées suite à un décès (en particulier au cours de la Toussaint ou « jour des morts ») pour les guider dans le cimetière. Par ailleurs, il est également au contact des administrations dans le cadre de certaines opérations comme les exhumations ou les attributions de concessions. Il est bien évidemment au contact des entreprises de pompes funèbres et donc de son personnel également (comme Yves Alphé, fondateur et gérant de son entreprise de pompes funèbres à Orléans).

Informations pratiques sur le métier de gardien de cimetière

Le gardien de cimetière exerce en tant que fonctionnaire, sous contrat avec la mairie de la commune du cimetière concerné. En termes de rémunération, cela peut aller de 1300 à 1800 euros net. Si le salaire n’est pas aussi élevé que dans d’autres professions du funéraire, la sécurité de l’emploi est en revanche présente et très précieuse, dans la mesure où il s’agit d’un secteur porteur.

Les horaires sont de 35 heures hebdomadaires, avec parfois des astreintes comme évoqué précédemment par Yves Alphé.

Pré-requis personnels et professionnels

Un bon gardien de cimetière doit savoir faire preuve, comme dans tout emploi dans le funéraire rappelle Yves Alphé, de sang-froid face au tabou de la mort, d’empathie et de diplomatie (au contact des familles endeuillées) et être soigné. Ces qualités indispensables sont d’ailleurs valables pour tout métier du funéraire, indique Yves Alphé.

Le gardien de cimetière est également au contact des proches en deuil

Le gardien de cimetière est également au contact des proches en deuil

Le gardien représente en effet le cimetière dont il est responsable et, par extension, les hommages que les proches endeuillés (conjoint, famille, amis…) en souffrance veulent rendre aux personnes disparues. Il doit donc savoir faire preuve de sobriété tout en étant accueillant et sociable dans le cadre de son travail.

La ponctualité est également une qualité cruciale dans le métier, indique Yves Alphé, dans la mesure où c’est le gardien qui ouvre les portes du cimetière au public chaque jour travaillé.

En termes de compétences, le gardien de cimetière doit bien évidemment avoir des connaissances dans le monde du funéraire, rappelle Yves Alphé (démarches, législation, pratiques, cultures et religions), connaître des éléments de base en droit pénal, savoir gérer un budget (notamment pour les concessions) et connaître les règles d’hygiène et de sécurité. Il faut également connaître les différents rites liés au futur défunt (en fonction de la religion de la famille notamment).

Les clichés des gardiens de cimetières

L’opinion générale tend à penser que le gardien de cimetière est quelqu’un de lugubre et morose, voire qui possède des pouvoirs mystiques pour communiquer avec les défunts une fois les obsèques terminées. Le cliché veut également que le gardien de cimetière ne soit ni jeune, ni beau. Autre exemple cité par Yves Alphé : le gardien de cimetière, étant au contact des morts, devait se munir d’un gris-gris pour éloigner les mauvais esprits. En France, on allait même jusqu’à penser que le gardien de cimetière disposait de forces occultes héritées des animaux (ex: ouï fine, vue perçante). Enfin, la profession ne jouissait pas d’une bonne réputation car il était parfois considéré comme « commerçant de pièces détachées », c’est à dire qu’il vendait les ossements ou autres parties du défunt à des adeptes de rituels morbides.

Tous ces clichés proviennent en partie de la méconnaissance du métier mais aussi de la seule connaissance, déformée, que nous avons de cette profession indique Yves Alphé: films ou romans d’horreur, légendes urbaines…qui sont, heureusement bien loin de la réalité.