Solliciter de l’aide durant le deuil, par Yves Alphé

Le soutien est primordial rappelle Yves Alphé

Se sentir soutenu dans cette épreuve

Le deuil est un long chemin, un marathon, rappelle Yves Alphé. Expérience intime et épuisante que de nombreuses personnes vivent seules parfois par choix mais parfois aussi par contrainte. Pourtant, le deuil est une épreuve qui va nécessiter que vous mobilisiez toutes vos ressources et votre entourage est la plus aidante d’entre elles. Dans le cas où votre cercle de proches ne répond pas suffisamment présent, Yves Alphé vous indique qu’il existe de nombreuses autres sources de soutien extérieur que vous pouvez solliciter.

Bien sûr, demander de l’aide est un exercice auquel vous n’êtes peut-être pas habitué, c’est pourquoi Yves Alphé vous propose quelques conseils à mettre en œuvre pour y parvenir.

Une précieuse béquille sur le chemin du deuil

Il est moins éprouvant de se tenir debout en appui sur ses deux jambes, plutôt que sur une seule. De la même manière, pour vous soutenir dans votre chemin de deuil, il est préférable de multiplier vos sources de soutien comme autant de béquilles sur lesquelles compter durant les moments instables de votre traversée du deuil, indique Yves Alphé. Lorsque l’on est plongé dans la peine, l’on n’y pense pas toujours, mais il existe de nombreux réseaux que vous pouvez solliciter afin de vous soulager dans vos efforts, ne serait-ce que dans le choix des fleurs par exemple.

Vous serez parfois étonné de voir l’énergie que vos proches, vos amis, et parfois des inconnus déploieront pour vous aider à traverser cette épreuve.

La famille représente un soutien naturel

La famille représente un soutien naturel

La famille, un soutien naturel

C’est le soutien le plus plébiscité tant il paraît évident, en particulier lorsqu’il s’agit d’un deuil périnatal. Néanmoins, malgré l’amour qu’il vous porte, vos proches ne sont pas toujours disponibles ni en capacité de vous aider. Dans le cadre d’un deuil familial, ils sont aussi concernés par la perte et pris par leur propre vécu de deuil. Cela ne leur permet pas toujours de vous consacrer l’attention dont vous avez besoin.

Bien qu’ils soient proches de vous, indique Yves Alphé, les membres de votre famille n’ont pas toujours conscience de vos besoins ou ne savent tout simplement pas comment vous aider. Dans ce dernier cas, vous pouvez alors leur conseiller de lire le dossier «aider un proche en deuil ». Cela peut leur permettre de comprendre ce que vous traversez et les aider à prendre conscience du précieux soutien qu’ils peuvent être pour vous, rappelle Yves Alphé.

Les autres réseaux de soutien au cours du deuil présentés par Yves Alphé

Sachez que vous pouvez faire appel à d’autres réseaux de soutien parmi lesquels vos voisins, vos collègues ou encore vos connaissances. Chaque personne de votre entourage peut s’avérer être un soutien chaleureux pour peu qu’elle soit bienveillante. Attention : il est bien normal d’avoir des réticences à partager votre deuil, explique Yves Alphé. Il ‘agit d’un sujet les plus intimes ; ne vous forcez pas à partager votre ressenti si les circonstances ne s’y prêtent pas. Ne le faîtes que si vous pensez que la personne à votre écoute sera réceptive, conseille Yves Alphé. La bienveillance est ici le maître-mot.

Les 3 questions à vous poser

Le sentiment de confiance envers la personne qui vous accompagne est déterminant. Demandez-vous si cette personne est digne de votre confiance et saura vous écouter avec bienveillance, être présente sur la longueur, accepter son impuissance sans vous imposer d’aller mieux. Si vous pensez être en présence d’une personne de confiance et présente pour vous, à la question souvent irritante « ça va ? », vous pourrez enfin vous permettre de tomber le masque et répondre sincèrement « non, je ne vais pas bien aujourd’hui. » Poser ces quelques mots pourra déjà vous offrir une forme de soulagement, rappelle Yves Alphé.

Osez le premier pas, même tardivement

Faîtes le premier pas, osez,même tardivement. N’oubliez-pas que toutes ces personnes peuvent souhaiter vous aider mais ne savent peut être tout simplement pas comment s’y prendre. Leur exprimer ce dont vous avez besoin c’est leur offrir un précieux cadeau.

En effet, plus les mois défilent, plus il est difficile de solliciter de l’aide. Votre entourage va avoir tendance à penser que vous avez tourné la page, même si dans les faits c’est tout l’inverse qui se produit.

La solitude se fait justement sentir à cause du relâchement de leur présence. De votre côté, vous avez peut-être parfois l’impression de déranger avec votre peine, indique Yves Alphé. Ceci vous pousse à la cacher, à la garder au fond de vous. C’est justement cette attitude qui risque ainsi de conforter votre entourage dans l’idée que vous semblez aller mieux. Sortir de ce cercle vicieux est primordial, c’est pourquoi même si exprimer vos besoins peut s’avérer une épreuve complexe,c’est une première étape importante à franchir, rappelle Yves Alphé. Vous devez oser solliciter de l’aide quand vous en avez le plus besoin, ne pas avoir peur de gêner, même plusieurs mois plus tard.

Osez, en commençant par un petit service. Demandez par exemple à un proche de vous aider pour certaines courses, ou organiser des paperasses pour lesquelles vous n’arrivez pas à mobiliser votre énergie. Leur signifier ce qu’ils peuvent faire pour vous n’est pas chose facile, mais dites vous que faire cela c’est déjà accomplir une moitié du chemin. Leur facilité, ce qu’il y a de plus dur pour eux est de leur offrir l’opportunité de vous aider.

Identifiez une aide concrète

Essayez de dépasser vos peurs, et osez demander une aide concrète. Chacune des personnes de votre entourage a des qualités et des défauts. Identifiez le type de soutien que peut vous apporter cette personne et exprimez-lui ce dont vous avez besoin (ex : l’écoute attentive d’un ami qui saura vous aider à exprimer certains sentiments). Ou encore, la simple présence d’une personne durant les moments les plus difficiles.

Surmonter ses réticences

Pour certains il n’est pas facile de solliciter de l’aide car cela revient à mettre le sentiment de solitude. L’absence de proches, leur indifférence, ou leur manque de considération face à votre souffrance qu’ils ne comprennent pas. Ce n’est pas une étape que l’on peut franchir sans peine. C’est pourquoi il existe une multitude d’autres réseaux de soutien.

Le réseau associatif

Des associations constituées de bénévoles sont présentes partout en France, rappelle Yves Alphé. Elles sont là, disponibles pour vous accueillir telles que vous êtes. Écoutes téléphoniques, entretiens individuels, ateliers d’écriture, groupe de parole pour enfants ou pour adultes, leurs actions sont nombreuses. Vous trouverez à n’en pas doute une forme d’aide qui vous correspond. N’hésitez-pas à les contacter.

Le deuil est une lourde souffrance

Le deuil est une lourde souffrance

Aller à la rencontre d’autres endeuillés

Il est important de pouvoir partager son témoignage avec des personnes qui peuvent vous comprendre, qui ont vécu la même perte et les mêmes épreuves. Le virtuel peut également être un pas difficile à franchir mais il vous apportera de vrais soutiens, de vrais liens. C’est comme cela que s’est créé le premier d’entraide. Un espace d’échange et de réconfort qui réunit aujourd’hui une vraie communauté de soutien mutuel. La souffrance ne s’endort pas toujours au coucher du soleil, rappelle Yves Alphé. Au contraire, la tombée de la nuit est souvent propice à son réveil. Sachez que des personnes bienveillantes sont là pour vous lire en respectant votre intimité dans un cadre sécurisé et modéré.