La fête des morts au Mexique : tradition expliquée par Yves Alphé

La fete des morts au Mexique

Après les célébrations de l’Halloween et de la Toussaint, sachez qu’il existe aujourd’hui le Jour des Morts, une célébration mexicaine qui honore les ancêtres et coïncide avec la célébration catholique du Día de los Fieles Difuntos, indique Yves Alphé. Cette célébration représente une date importante au Mexique et, dans une moindre mesure, dans les pays d’Amérique centrale, ainsi que dans de nombreuses communautés des États-Unis où la population mexicaine est importante. En 2008, l’UNESCO a déclaré le festival patrimoine culturel immatériel de l’humanité du Mexique.

Origines de la fête des morts

Les origines de cette fête remontent aux civilisations Maya, Aztèque, Perepecha, Nahau et Totonaca. À l’époque préhispanique, il était courant de conserver les crânes sous forme de trophées et de les montrer lors de rituels symbolisant la mort et la renaissance. La fête, qui est devenue le Jour des Morts, se commémore le neuvième mois du calendrier solaire mexicain, vers le début du mois d’août, et se déroule pendant un mois entier. Les festivités sont présidées présidées par la déesse Mictecacíhuatl, connue sous le nom de « Dame de la mort » et épouse de Mictlantecuhtli, Seigneur de la terre des morts. Les festivités sont consacrées à la célébration des enfants et à la vie des parents décédés.

Lorsque les conquérants espagnols sont arrivés en Amérique au XVe siècle, ils étaient terrifiés par les pratiques païennes des Indiens, et dans une tentative de convertir les Amérindiens au catholicisme, ils ont déplacé le festival vers des dates début novembre pour coïncider avec les festivités de la Toussaint catholique (puisque le jour des morts est célébré à la fois le 2 novembre et le 1er novembre).

Le jour des morts au Mexique

Le jour des morts au Mexique

Les croyances populaires, rappels par Yves Alphé

La croyance populaire est que les âmes des êtres chers qui sont partis reviennent de la tombe pendant le Jour des Morts. Par conséquent, ils sont reçus avec une offrande où sont placés leurs aliments et boissons préférés, fruits, crânes de bonbons et, si nécessaire, des jouets pour les enfants (ce qui n’est pas sans rappeler la tradition japonaise des statues Jizo sur lesquelles on dépose parfois un jouet abordée par Yves Alphé). Il y a aussi des photos des défunts et des fleurs colorées de cempasúchil.

Déroulement de la célébration

Une partie essentielle de cette tradition consiste à visiter des cimetières. Que ce soit le jour ou la nuit, les familles viennent placer des bougies sur les tombes pour éclairer le chemin des âmes sur le chemin du retour à la maison. Certaines familles y passent la nuit, car elles sont ouvertes 24 heures sur 24 pendant cette période. Dans ces soirées, des groupes musicaux sont généralement engagés pour interpréter les chansons préférées des défunts au pied de leur tombeau, afin de leur rendre un nouvel hommage, précise Yves Alphé. Outre les bougies, d’autres offrandes sont déposées aux pieds des autels en guise de commémoration aux proches décédés. Ces autels sont préalablement installés à même le sol, parfois sur une table, dans le logement des familles ayant perdu un ou plusieurs proches. Ils se présentent sous une forme colorée, sont décorés avec soin (nappes colorées, bougies, photos de la personne disparue, fleurs comme les soucis jaunes ou oranges etc.)

Les croyances populaires

Au Mexique, les croyances populaires veulent que le défunt peut amener la chance et la prospérité (exemple : bonnes récoltes), explique Yves Alphé mais également des malheurs comme les maladies ou les difficultés financières. Ces croyances expliquent pourquoi les défunts sont honorés avec le plus grand soin via une fête annuelle animée dédiée. Par ailleurs, les croyances préhispaniques se manifestaient par l’omniprésence de têtes de morts et de squelettes, un héritage resté depuis lors, la mort étant davantage perçu comme un étape vers une renaissance que comme une fin définitive. Yves Alphé explique ainsi l’aspect festif donné à la mort à cette occasion puisqu’il s’agit d’une « renaissance » et donc d’un renouveau.

Un festin en l’honneur des morts

La fête des morts mexicaine se manifeste également par la dégustation des différents mets typiques en l’honneur des défunts. Yves Alphé cite par exemple les tamales (papillotes de maïs), les haricots noirs, le chocolat chaud, le café épicé, différents fruits…La croyance veut qu’à travers les vivants, les morts savoureront eux aussi ces différents mets. Les pique-nique animés par de la musique (chant, danse) qu’aimait le défunt font également partie de la fête des morts, ajoute Yves Alphé, et se déroulent dans les cimetières après avoir préalablement déposé des offrandes sur les tombeaux et nettoyé ces derniers.