Que deviennent les cendres d’un défunt ? Réponse par Yves Alphé

Que faire des cendres du défunt

A la suite de la crémation d’un défunt, ses cendres sont recueillies au sein d’une urne funéraire, rappelle Yves Alphé. Si l’urne peut être inhumée au même titre qu’un corps dans un cercueil, il est également possible de les disperser. Cependant, ces procédures sont soumises à une réglementation bien précise.

Le choix de l’inhumation, explications par Yves Alphé

Depuis la loi de décembre 2008, les cendres d’un défunt sont considérées comme un corps, au même titre qu’une dépouille dans un cercueil, indique Yves Alphé. Il est donc tout à fait possible, comme on le ferait pour un corps, d’inhumer l’urne contenant les cendres du défunt.

Cette inhumation peut se faire :

 

Exemple de columbarium

Exemple de columbarium

– dans un lieu cinéraire du nom de « columbarium ». Situé dans un cimetière ou à proximité du crématorium, ce lieu est dédié à accueillir les cendres du défunt placées dans une urne funéraire. Le columbarium se présente sous la forme d’un ensemble de cases, chacune d’entre elles pouvant contenir une ou plusieurs urnes funéraires (jusqu’à 4 urnes au total). Chaque case, une fois la ou les urnes placées, est refermée et s’orne d’une plaque commémorative contenant nom, prénom, date de naissance et de décès du ou des défunts. Il est également possible de personnaliser cette plaque par l’ajout de fleurs ou de photos par exemple. Yves Alphé rappelle que l’acquisition d’une concession au sein du columbarium est indispensable pour pouvoir y placer la ou les urnes d’un défunt. Un marbrier interviendra pour l’ouverture et la fermeture de la case correspondante.

– dans un caveau : si vous êtes déjà en possession d’une concession familiale avec caveau, vous pouvez intégrer l’urne funéraire dans celui-ci. L’ensemble des ayants-droits devra cependant vous accorder son autorisation au préalable. Une urne nécessitant moins d’espace qu’un cercueil, même si la sépulture est complète, il vous reste la possibilité de placer l’urne dans ce que l’on appelle le « vide sanitaire ». Celui-ci, indique Yves Alphé, est le petit espace situé entre le cercueil le plus haut et la dalle de la sépulture concernée.

– au sein d’une cavurne : il s’agit d’inhumer l’urne funéraire dans un caveau spécifiquement prévu pour les urnes, d’où son appellation. Yves Alphé indique que les exigences pour l’inhumation dans une cavurne sont les mêmes que pour un caveau.

– dans une sépulture : l’urne peut être scellée au-dessus de la sépulture familiale. Elle devra néanmoins être faîte d’un matériau résistant aux intempéries telles que le granit, couramment employé à cet usage informe Yves Alphé. Là encore, l’accord de tous les ayants-droits de la sépulture est indispensable pour procéder à cette étape.

– dans une propriété privée, mais sous certaines conditions. Tout d’abord, commence Yves Alphé il vous faut l’accord du préfet de la commune. Par ailleurs, l’inhumation dans une propriété privée peut s’avérer contraignante car elle requiert une servitude perpétuelle d’accès pour la famille du défunt par exemple, même si la propriété est vendue à l’avenir.

Disperser les cendres, oui mais où et sous quelles conditions ?

La réglementation en matière de dispersion des cendres est assez stricte, rappelle Yves Alphé

La réglementation en matière de dispersion des cendres est assez stricte, rappelle Yves Alphé

Dans la plupart des cas, les familles disposant des cendres de leur proche disparu optent pour la dispersion de celles-ci. Toutefois, la réglementation en matière de cendres funéraires est assez stricte, indique Yves Alphé puisque la dispersion ne peut se faire qu’à certains endroits.

Vous êtes ainsi tout à fait libre de disperser les cendres de votre proche disparu dans la nature. Beaucoup d’individus optent pour la mer par exemple. Sachez qu’il y est même possible de déposer directement l’urne dans l’eau, sous réserve qu’elle ait été conçue dans une matière bio-dégradable pour ne pas polluer les eaux.

Une autre destination relativement populaire dans la dispersion des cendres funéraires est la forêt. En effet, nombreux sont les proches qui souhaitent un « retour à la nature » de la personne disparue et qu’ils ont aimée, précise Yves Alphé. Il est en fait autorisé de disperser les cendres sur l’espace public mais pas sur les voies publiques ni dans un lieu privé comme votre jardin par exemple.

Une autre alternative est de les disperser dans un espace spécialement dédié (dans un cimetière ou à proximité d’un crématorium) appelé « jardin du souvenir ». Depuis 2013, toute commune recensant au moins 2000 habitants est tenue de disposer de ce « jardin du souvenir » précise Yves Alphé. Ce lieu de dispersion et de recueillement est commun et libre de toute concession.
Dans les deux cas (dispersion des cendres en pleine nature ou dans le jardin du souvenir), la famille est tenue d’en informer la mairie de la commune de naissance du défunt. Cette déclaration permet ainsi à tous les membres de la famille de pouvoir se recueillir sur le lieu précis de dispersion. Enfin, l’urne est ensuite inhumée dans l’un des lieux mentionnés précédemment par Yves Alphé.