Yves Alphé : la morgue, ce sujet tabou

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Rappelons d’abord ce en quoi consiste la morgue, indique Yves Alphé : elle permet de conserver le défunt entre le moment de son décès et sa cérémonie d’obsèques. Parfois quelques heures, parfois quelques jours, la dépouille repose ainsi dans un lieu spécialement prévu à cet effet.

Toutefois, le tabou de la mort étant encore très ancré dans nos cultures, rappelle Yves Alphé, la morgue en est tout autant un.

Le lieu de l’image de la mort

La morgue reste un lieu tabou, rappelle Yves Alphé

La morgue reste un lieu tabou, rappelle Yves Alphé

Si la morgue est perçue comme un lieu macabre, lugubre voire souillé et honteux, c’est parce qu’elle renvoie l’image de la mort physique comme spirituelle, bien qu’elle soit indispensable avant les prestations de pompes funèbres proposées par des sociétés spécialisées comme Caritas Obsèques d’Yves Alphé.

On retrouve d’ailleurs cette mauvaise image chez les crématoriums, lieu d’incinération des défunts, pour des raisons semblables. L’emplacement d’un nouveau crématorium est d’ailleurs souvent sujet à polémique, comme le rappelle Yves Alphé lors d’un précédent article.

Le rôle de la morgue

Malgré son aspect tabou et morbide, la morgue est indispensable car c’est le lieu temporaire où reposent les défunt avant les funérailles. Cela laisse donc le temps aux proches d’organiser les obsèques auprès de conseillers funéraires (comme Yves Alphé), faire le choix de l’inhumation ou de la crémation, des fleurs, du déroulement de la cérémonie… Il existe d’ailleurs en vérité deux types de morgues : celles à température positive où les corps ne sont entreposés que quelques jours et les morgues à température négative pour conserver le défunt plus longtemps, ce qui est notamment très utile en cas d’enquête judiciaire précise Yves Alphé.

Les origines de la morgue : rappels par Yves Alphé

Saviez-vous que le verbe « morguer » signifiait à la base « regarder avec hauteur »? Dans notre capitale, la morgue était initialement un lieu pour reconnaître les cadavres via une exposition publique. Il faut remonter au XIVème siècle pour trouver des dépôts de cadavres au sein des prisons du châtelet. Entassés et visibles depuis l’extérieur, ils sont identifiables, d’où le terme « morguer » qui a donné son nom au lieu que nous connaissons aujourd’hui précise Yves Alphé.

Cependant, l’institutionnalisation de la morgue ne viendra qu’au XIXème siècle. Une salle destinée au public est instaurée ainsi que des salles séparées par une vitre. Les premières morgues voient ensuite arriver une salle de greffe ainsi qu’une salle d’autopsie.

La morgue entretenait une curiosité morbide

La morgue entretenait une curiosité morbide

On retrouve à cette époque une véritable curiosité morbide : le but premier étant d’identifier les morts violentes, la visite du lieu est propice à la visite de nombreux individus, toutes catégories socio-professionnelles confondues. L’on veut voir la mort pour mieux appréhender le vivant. Le cadavre est exposé publiquement sous les yeux des spectateurs, y compris les plus jeunes. Cela nous semble choquant aujourd’hui précise Yves Alphé, n’est-ce pas ? Cependant, à l’époque, la mort était très peu évoquée ce qui en attisait la curiosité. Aussi curieux que cela puisse paraître, à l’époque la morgue était un lieu où se tissaient les relations sociales.

Le rôle de la moralité

En 1907, la morale finit par l’emporter et la morgue n’est plus un lieu public d’exposition de dépouilles. Toutefois, cela n’aurait-il pas eu pour conséquence de rendre de nouveau tabou la mort, s’interroge Yves Alphé ? Cependant, fermer le lieu au grand public permet de respecter la dignité du défunt qui ne peut être exposé qu’aux proches comme la famille, le mari, la femme ou les amis. Aujourd’hui, il s’agit d’un service gratuit de conservation du défunt pendant trois jours pour permettre aux proches d’organiser les obsèques dans un délai légal. En revanche, si les proches souhaitent que le corps reste au-delà de trois jours en organisant les obsèques un peu plus tard, alors le service devient payant. Le montant est fixé par le directeur de l’établissement, nous indique Yves Alphé, professionnel du funéraire et fondateur/directeur de Caritas Obsèques à Orléans.